Pokémon et les neurosciences

Quand Sébastien Flasque, un enseignant lillois adepte des nouvelles pédagogies et des neurosciences invite Pokémon dans ses cours, cela se traduit par une rencontre réussie.

Manga, appli mais des cartes aussi

Avant de devenir l’application phare de l’été 2016, Pokémon reste surtout le manga préféré de la génération Z. Comme d’autres avant qui se reconnaissent dans Goldorak, Candy, les Power Rangers ou Totally Spies, ces individus peuplant les formations post-bac d’aujourd’hui chantent par cœur le générique de ce dessin animé qui symbolise leur enfance. Passé de l’animation télévisée à l’application pour smartphone, on oublie cependant que Pokémon se joue aussi avec des cartes. Celles-ci se regroupent en trois catégories. Les « Pokémon » décrivent les créatures. Les « Énergie » permettent de lancer des attaques. Enfin, les « Dresseur » créent des actions spécifiques modifiant le cours de la partie. Chacune de ces cartes présente un point commun : le fait d’intégrer un nombre considérable d’informations, comme le montre l’image ci-dessous. D’une part ces informations établissent une classification des créatures. D’autre part, des champs textuels expliquent de façon littéraire et plus approfondie les caractéristiques de l’animal.

 

Carte Pokemon Enseignant

 

WordPress et Pokémon

Petit rappel, WordPress représente la première plateforme de blog destinée à la création gratuite de sites web. Quant aux extensions, on peut les comparer aux applications téléchargées pour les smartphones Android ou Ios. On en recense environ 50 000. Un chiffre important constitue une première une difficulté pour l’enseignant. Celui-ci connaît-il les 50 000 plugins ? Comment élaborer une séance de cours par rapport à une telle quantité ? Secondement, à quoi bon communiquer une liste reprenant le top 10 ou 50 des meilleurs plugins sachant que l’étudiant la trouve facilement sur internet ?

C’est là qu’intervient notre gentil monstre jaune, comme dans la série, pour nous sauver. Effectivement, les critères de classification des cartes Pokémon se prêtent extrêmement bien à une séance de cours portant sur les extensions WordPress. Les consignes formulées proposent aux apprenants de constituer des groupes (4 ou 5 personnes) devant produire 20 cartes qui illustrent les extensions à la façon de Pokémon. L’objectif consiste, avec la bienveillance de l’enseignant, à rechercher des sources fiables, les consulter, les comprendre et les résumer sur une carte. Le cheminement pédagogique consiste à mener l’élève vers l’autonomie dans le choix d’une bonne extension. À la fin, on projette si possible les cartes, sinon on les imprime et on les rapporte au cours suivant. L’intérêt de cette mise en commun s’appuie sur trois éléments :

  1. les élèves passent un bon moment en découvrant les œuvres des autres
  2. la fierté d’exposer ses cartes (et de le présenter à l’oral) valorise les participants.
  3. L‘animateur juge le travail effectué et peut le noter

Neurosciences et Pokémon : carte amusant présentant Jason triste de s'apercevoir que ce sera un vendredi 12

Pokémon et les neurosciences

Les paroles du générique retentissent dans la classe au grand étonnement des élèves. « Je ferai tout pour être vainqueur et gagner les défis…« . Ils revoient leur enfance, les heures passées devant la télé, l’école, le collège, le cocon familial… Bref, le simple fait de lancer cette musique ravive des souvenirs positifs. Cela crée d’emblée une atmosphère propice à l’enseignement. Ainsi, Pokémon déroule les deux premiers piliers des neurosciences à savoir, l’attention et l’engagement actif.

Ensuite, les étudiants utilisent un service gratuit en ligne afin de fabriquer les fameuses cartes. Outre le plaisir de travailler sur ordinateur, les fonctionnalités de ce site demeurent complètes puisqu’elles offrent la possibilité de personnaliser l’intégralité des données (points de vie, nom, force, description de l’attaque…), d’intégrer des images et personnaliser le texte. Les participants restent libres des images à insérer ainsi que des écrits à rédiger. Comme souvent, il s’agit de faire preuve, non pas de sérieux, mais de professionnalisme. Ainsi, laisser les élèves s’exprimer sur le ton de l’humour dans un cadre de respect mutuel rend l’exercice plus efficace encore.

Attaque Grobisou

Durant cette séance de cours, l’enseignant utilise la ludification dans le but de réduire les réticences de l’apprenant. Il s’agit en l’espèce de déplacer l’objet initial de la leçon de telle sorte que l’apprenant perçoive surtout le jeu. Car en parcourant les sites internet et en classant les extensions pour les faire entrer dans une carte, il apprend sans s’en rendre compte et sans imaginer un seul instant qu’il travaille en cours. Le simple fait de constater une telle implication procure un réel plaisir. Les premiers retours d’expérience dans des contextes différents s’avèrent extrêmement positifs.

L’analogie avec l’attaque Grosbisous du jeu Pokémmon s’impose car elle se situe au cœur d’une pédagogie basée sur les neurosciences. Grosbisou endort l’adversaire pour le vaincre. Ici, l’enseignant endort les éventuels blocages afin d’arriver à ses fins. Pour terminer, cette méthode s’applique à d’autres matières. Les enseignants en anglais l’utilisent par exemple.

 

Pour aller plus loin : Mes séquences pédagogiques sur Pinterest

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